VRAI ou FAUX? Idées reçues et préjugés


L'AYURVEDA, même si vous allez au Sri Lanka, au Népal ou ailleurs, est complètement lié à l'Inde, son histoire, sa culture, ses philosophies, ses modes de vie.

Dans cette rubrique, nous allons vous faire part de notre regard sur certains préjugés qui ont la peau dure, et qui, s'ils sont parfois justifiés, ne le sont qu'avec nos lunettes occidentales.

Découvrir l'Inde traditionnelle de l'intérieur, c'est nécessairement accepter de changer de lunettes, le temps de l'exploration ou plus...

  • La saleté et les microbes
  • Les castes
  • La mort, la réincarnation, le karma
  • Les gurus et la spiritualité
  • Le polythéisme
  • L'argent et la pauvreté
  • La mendicité
  • La cohabitation animale
  • Le Kali Yuga et les cycles cosmiques (kalpas et pralayas)
  • Connaissance, croyance, expérience : les trois facettes de l'hindouisme.

LE KARMA

Selon la tradition indienne - tel qu'enseigné par Krishna à Arjuna dans la Bhagavad Ghita - il y a 3 karmas : sanchita, prarabdha et agami, ou plutôt 3 noms pour les trois aspects du karma (tri-karma).

Le mot karma, dont la signification première est "action", peut être utilisé de plusieurs manières.

En Ayurveda, panchakarma signifie 5 actions, ou fonctions, mais quand on parle du "karma" en général cela se rapporte aux lois des causes et des effets qui régissent le développement de tout objet ou créature en fonction du temps et de l'espace. Il est envisageable, philosophiquement, que cette loi de causalité, d'enchainement successif de causes et d'effets ne se produise pas uniquement dans le mode temporel, et parfois même dans un ordre inversé, mais le concept du tri-karma s'applique bien dans la dimension dans laquelle nous vivons.

Dans notre société occidentale, le mot sanskrit karma est devenu synonyme de destin, fatalité, etc... et associé en fait aux mémoires du passé, quelles que soient leur origine.

En fait comment fonctionne ce concept de karma en Inde, cette action des samskaras (productions) qui nourrit et anime le samsara (la ronde des cycles), loi des causes et des effets, loi des actions et réactions concordantes?

  1. Vu d'un point de vue individuel, le sanchita karma est l'action qui a été faite dans le passé et dont la conséquence n'est pas encore née, c'est une action en mémoire, potentielle, en attente de manifestation,
  2. Le prarabdha karma est le nom du karma lorsqu'il advient dans l'instant présent. La mémoire de l'action se manifeste, c'est la conséquence de la cause,
  3. et l'agami karma est le nom du karma quand notre réaction a énergisé la mémoire karmique, pour la faire perdurer, c'est à dire, relancé la "pompe à karma". Vu de l'instant présent notre karma s'appelle alors agami, mais tout de suite après va reprendre son nom de sanchita, et on ne connait pas sa prochaine manifestation.

Pour les indiens, il n'est pas très important de savoir à quand remonte le sanchita karma, mais surtout d'arrêter d'alimenter ce processus et donc de ne plus générer d'agami karma, c'est ce que l'on appelle l'état anagami (a ou an pour privatif, sans). L'état anagami produit moksha, la libération... parmi les différentes techniques pour gérer "avec justesse" le prarabdha karma, on trouve notamment l'attention, la méditation, la bhakti, tout ce qui va permettre une vigilance discriminatoire (viveka) hors mentalisation.

Certains vous diront cependant que ne plus produire d'agami karma est certainement un minimum, mais comment agir sur le sanchita karma? La réponse est Prayascitta (remords, regrets) dont on trouve un équivalent fort bien formulé dans la tradition Hawaïenne d'Ho'oponopono.

Le but du Ho'oponopono étant de "faire correctement correct", c'est à dire dans la justesse, et d'éviter de véhiculer des mémoires inutiles. Cela est aussi basé sur la responsabilité individuelle et sur l'interdépendance. Les méthodes proposées par le Ho'oponopono sont clairement opératives et directement applicables pour ce nettoyage libérateur et cela valait la peine d'en parler ici, car c'est vraiment un autre accès à la santé du "moi", et cela peut grandement être utile à celles et ceux qui attendent de l'Ayurveda une régénérescence totale.

Voir le site : www.agamipono.com

Cette notion de regrets se retrouve aussi dans le bouddhisme, particulièrement dans le Mahayana (dans un contexte de responsabilité, non de faute ni de péché) et aussi dans le christianisme (dans un contexte de culpabilité et de péché).

LA REINCARNATION

La réincarnation est un vaste sujet où chacun y va de ses croyances, de ses preuves etc...

Et en fait, en Inde, la situation n'est pas plus claire, car chaque caste a sa vision, et dans la caste elle-même il y a des avis divergents, etc...

Ré-incarnation suppose qu'il y ait ré-incorporation. Mais réincorporation de quoi? de qui? de mon petit moi auquel je suis attaché, bien sûr, avec mes petites habitudes, mes petits besoins, ce que j'aime et n'aime pas, bref la continuité de ce que je crois être.

Jusque là on comprend; mais ça commence à se corser quand les indiens différencient métempsychose, réincarnation et transmigration, avec des variantes chez les bouddhistes ou les jains. Car il n'y a pas que ce monde (loka), et l'âme individuelle (jivatman) qui anime l'homme n'existe que par les conditions d'espace et de temps qui l'hébergent.

Pour l'hindouisme comme pour le bouddhisme, c'est l'occasion qui fait le larron, c'est le svadharma qui fait le jivatman - en clair : c'est le "programme de vie", la mise en mouvement de la "fonction" de vie en tant qu'humain, qui génère la conscience individuelle, (jiva) de l'Ame universelle (Atman) - et ce programme de vie est l'héritage d'un ensemble de "karmas", individuels, collectifs, transgénérationnels ou autres...

L'individuation est un des moyens d'Ishwara de manifester ses potentialités.

La transmigration

La transmigration des âmes est, généralement après la mort, le passage supposé d'une âme d'un corps ou de certains éléments de l'âme ou du corps dans de nouvelles formes d'existence. Ces formes d'existence peuvent ne pas être dans ce monde où nous vivons, mais dans d'autre éons, d'autres lokas, d'autres univers.

Selon René Guénon les doctrines traditionnelles ne confondent pas la transmigration, la métempsychose et la réincarnation. Voici sa définition de la transmigration :
"le passage de l'être à d'autres états d'existence, qui sont définis par des conditions entièrement différentes de celles auxquelles est soumise l'individualité humaine ; qui dit transmigration dit essentiellement changement d'état. C'est là ce qu'enseignent toutes les doctrines traditionnelles de l'Orient, et nous avons de multiples raisons de penser que cet enseignement était aussi celui des " mystères" de l'antiquité ; même dans des doctrines hétérodoxes comme le Bouddhisme, il n'est nullement question d'autre chose, en dépit de l'interprétation réincarnationniste qui a cours aujourd'hui parmi les Européens. C'est précisément la vraie doctrine de la transmigration, entendue suivant le sens que lui donne la métaphysique pure, qui permet de réfuter d'une façon absolue et définitive l'idée de réincarnation ; et il n'y a même que sur ce terrain qu'une telle réfutation soit possible."

D'après Ananda K Coomaraswamy la tradition indienne ne parle que d'un seul transmigrant, c'est l'Atman, le Soi, l'Ame Universelle, le soi individuel n'étant qu'une forme (rupa) dans le temps prise par l'Atma sous l'impulsion du karma, un peu comme la vague, qui n'est qu'une modification de l'océan sous la poussée du vent (comparable au karma).

La réincarnation

La réincarnation (retour dans la chair), est souvent considérée comme une doctrine, un dogme, une superstition, ou une croyance selon laquelle un certain principe immatériel et individuel (« âme », « substance vitale », « conscience individuelle », « énergie », voire « esprit » dans un contexte chrétien) accomplit des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux ou végétaux selon les théories). Selon cette doctrine, à la mort du corps physique, l'« âme » quitte ce dernier pour habiter, après une nouvelle naissance, un autre corps.

Elle a été assimilée tour à tour à la transmigration des âmes, et aux concepts de métempsycose, palingénésie, et l'éternel retour.

La métempsycose (métempsychose)

La métempsycose (du grec ancien metempsúkhôsis, déplacement de l'âme, de psukhá) est le passage, le transvasement d'une âme dans un autre corps, qu'elle va animer. Le métempsycosisme est la croyance selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps soit d'humains soit d'animaux, ainsi que de végétaux : la transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l'humain mais encore dans le non-humain, bêtes ou plantes.

La métensomatose

La métensomatose désigne le passage d'un corps à un autre, et non d'une âme qui va d'un corps à un autre. Le bouddhisme croit plutôt à la métensomatose, puisque c'est une religion où l'âme n'existe pas, et où le moi n'est qu'illusion de l'identité individuelle qui s'éteint dans la vacuité ; cela dit, des éléments psychiques transmigrent, comme on pourrait le voir dans certains caractères (physiques ou psychiques) venus des parents jusqu'aux enfants, dans le phénomène lamaïste des tulku, appelés improprement « réincarnations » d'un lama. Les écrits bouddhiques utilisent en fait un concept sensiblement différent de celui de réincarnation : punarbhava, qu'on traduit par "re-naissance". - Le mot "métensomatose" vient du grec métensomatosis, qui signifie "déplacement du corps".

La palingénésie

Palingénésie est le terme employé par les philosophes stoïciens pour désigner la reconstitution ou apocatastase du monde après que le Feu l'a détruit, cela dans un éternel Retour. Le mot employé, en grec , signifie "naissance à nouveau", "régénération". Telle est la palingénésie cosmique.

Mais, la palingénésie est, plus simplement, le retour à la vie, dans la nature, des divers éléments de la nature. Les plantes se nourrissent de minéraux, les animaux se nourrissent de plantes, les hommes se nourrissent des animaux ou de leurs produits; en respirant tout vivant assimile des germes et des poussières... De la sorte, les éléments de la vie s'échangent, se redistribuent après la mort, partout, toujours. C'est la palingénésie universelle. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Anaxagore de Clazomènes, Ve siècle avant J-C).

En conclusion :

On a le choix... certains pensent revenir sous une forme humaine, d'autre non humaine, d'autres continuent, mais dans une autre dimension, d'autres acceptent le principe de réincorporation des mémoires par parties, sans continuum d'individualité, d'autres pensent que l'individualité n'est pas l'être, et que c'est la stase humaine qui génère la notion d'individualité, donc celle-ci disparait, ce qui est porté par les lois karmiques n'étant pas de l'ordre individuel, etc...

Dans la pratique, dans le monde indo-bouddhiste, il y a des devas qui s'incarnent, des avatars, des bodhisattvas, des tulkus, des phénomènes de réincarnations vivantes (aussi en occident, comme Bridey Murphy, Om Seti, Edgar Cayce), mais ça ne présume pas des causes du processus, même si c'est observable.

Il y a aussi des mémoires présuposées transgénérationnelles qui peuvent s'actualiser, et l'on peut comprendre (après tout, le petit Wolfgang n'était-il pas le fils de Leopold?), mais aussi des réminiscences curieusement inexplicables sinon par la présence d'un héritage exo-génétique.

En Ayurveda, seule la prise en compte par un vaidya jyotish peut déboucher sur une analyse pan-karmique. On se limite d'ordinaire à l'état d'équilibre (prakruti) tel qu'il se manifeste dans cette vie.

LE SYSTEME DES CASTES

Voici un sujet qui préoccupe beaucoup nos compatriotes, la divison de la société en castes.

En fait, il faut différencier les castes traditionnelles (varnas) des castes modernes qui sont une démultiplication des quatre castes traditionnelles, et parfois bien au-delà. Il y a aussi les jatis, castes de métier, les castes de position sociale, clans, etc... en fait tout ce qui constitue une hiérarchie, une classification par le pouvoir et par la richesse. On est ici bien loin du système de castes original, qui a été complètement dénaturé.

Qu'était le système des castes avant qu'il ne devienne héréditaire et ne dégénère?

Le système des castes historiquement introduit dans le Rig Veda, puis par la suite intégré aux lois de Manou, est donc solidaire de la tradion brahmanique; il est abondamment justifié et expliqué dans les écritures sacrées et leurs commentaires.
Varna signifie couleur, et ainsi à chaque caste est associée une couleur

  • aux brahmanes revient la Connaissance, jnana (couleur : blanc)
  • aux kshatriyas la protection de la religion (les rites, les temples) et de la population, bhakti (couleur : rouge)
  • aux vaishyas la responsabilité de l'économie et des échanges, karma (couleur : jaune)
  • et aux shudras la disponibilité aux autres castes pour les servir dans l'exécution de leurs devoirs. (couleur : noir)

C'était un sytème basé sur les devoirs d'état, non sur les droits.

(NB: les termes jnana, bhakti et karma sont associés au tri-marga, la triple voie qui mène à moksha, la libération des chaînes du samsara)

Symboliquement, ces quatre castes divisent l'espace comme les points cardinaux, mais il y a en fait 3 castes de "deux-fois-nés" (dwija) et une caste, les shudras, qui n'a pas encore "acquis" les qualités propres aux trois autres castes.

Pour ceux qui connaissent les travaux de Bandler et Grinder sur la Programmation Neuro Linguistique, on peut faire ici un rapprochement très intéressant. Ils ont remarqué, statistiquement - que la population pouvait être segmentée en fonction des dominantes sensorielles : 40% visuels, 30% d'auditifs et 20% kinesthésiques, 10% indéfinis. (on retrouve ici étonnamment la tetratkys pythagoricienne...)

  • Les brahmanes ont pour fonction de connaître, voir (vid/vidya), (prédominance visuelle?)
  • Les kshatriyas ont pour fonction d'écouter les brahmanes, les rites, d'aimer et protéger, bhakti, karuna, (pédominance auditive?)
  • Les vaishyas ont pour fonction de toucher, sentir, goûter la matière et de la faire circuler. (prédominance kinesthésique?)

Ces trois castes de deux-fois-nés ont des caractéristiques proches de ce qui différencie naturellement les humains dans leurs potentialités comportementales. Est-ce vraiment une coïncidence?

Très souvent, les vaidyas appartenaient à la caste des brahmanes. De nos jours, l'Ayurveda est enseigné indifféremment de l'appartenance à une caste ou une religion.

Concernant les "jatis", qui sont les castes factuelles, telles qu'elles se sont organisées hors du cadre symbolique et traditionnel, il y en a des milliers depuis des siècles. Ellles constituent un cloisonnement hermétique de la société en sous-ensembles autonomes et ont une forte influence sur l'organisation des mariages, des affaires, de la solidarité sociale, etc... Elles sont contradictoires à l'esprit démocratique de la nouvelle Inde, mais aussi à la vision traditionnelle et orthodoxe des castes.

LES GUERISONS INEXPLIQUEES

...c'est une sotte présomption d'aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui ne nous semble pas vraisemblable.

MONTAIGNE, "Essais", Chapitre XVI

LES GOUROUS (gurus)

Le gurukula est un mode de transmission de la connaissance qui fait penser à ce qu'étaient les précepteurs dans les siècles passés. Le guru (celui qui transmet la connaissance) a lui-même été formé par un guru. L'objet de la transmission peut être d'ordre pratique, intellectuel ou spirituel, sachant que les trois ordres dans la tradition indienne sont indissociables.

A la différence de l'enseignement moderne qui peut donner à un élève le droit d'enseigner avec une moyenne supérieure à 10 sur 20, dans le gurukula, ce n'est possible que si l'on atteint 20 sur 20. Ce niveau d'exigence extrême a ainsi permis de transmettre des connaissances vivantes et intactes pendant des générations.

La contrepartie de cet engagement mutuel face à la connaissance est la garantie d'un échange à plusieurs niveaux, physique, psychique et spirituel, sans recherche de quantification financière. Un guru authentique ne se fait pas payer , un élève authentique cherchera à rendre service pour montrer sa motivation. Il n'y a en effet pas de gurukula sans motivation profonde. Cette apparente dévotion au guru a été interprétée comme une soumission, mais n'est en fait qu'une marque de respect, d'estime et de confiance face à celui qui éclaire le chemin.

LA MEDITATION

Certains mot qui viennent de l'hindouisme ou de l'Ayurveda (comme gourou, réincarnation, mantras, massages) se sont vus adjoindre des significations assez éloignées de ce qu'ils représentent réellement. Le mot méditation a aussi ses dérives, et vous allez trouver ci-dessous des commentaires sur ce que c'est et ce que ce n'est pas (vu de l'Inde).

La méditation, c'est de la concentration

Faux. La méditation est en fait un état ouvert, de dé-concentration. La concentration vient d'elle-même lorsque que l'on est en état d'attention et de méditation. La concentration exige un effort, une volonté alors que la méditation est un état de présence et de détente du mental. C'est un lâcher-prise, et comme le fruit qui est mûr tombe de l'arbre, les pensées tombent et laissent la place à une attention pleine et entière, détendue, qu'il est tout à fait possible, alors, de concentrer sur un objet.

En fait, selon Patanjali, l'attention mène à la concentration (Dharana), qui mène à la méditation (Dhyana), qui mène à la pleine conscience (Samadhi), qui est pur sentiment d'être, de conscience et de joie (sat-chit-ananda). Le dénominateur commun étant l'attention, dharana, dhyana et samadhi étant divers états de cette attention, du plus individuel au plus universel.

NB : le mot concentration évoque une notion de regroupement forcé, mais le mot focalisation serait plus juste, par comparaison à l'accomodation oculaire.

La méditation est une pratique religieuse

Faux. En Inde, la méditation et le yoga sont des pratiques associées depuis longtemps à la tradition indienne, et donc à l'hindouisme. Mais on ne peut pas considérer l'hindouisme comme une religion au sens des religions du livre. Il n'y a pas a proprement parler de dogme, et tout est basé sur la Connaissance. La manière dont cette connaissance s'habille de multiples formes afin de toucher chacun en fonction de ses capacités de préhension, d'intellection, ou de dévotion lui est propre et crée des subdivisions que ne nuisent en rien à son unité.

Pour méditer il faut être assis dans la position du lotus.

Les écrits de Patanjali sur le yoga sont d'une telle précision qu'il serait plus juste de les considérer comme scientifiques plus que poétiques. Un des sutras (textes, aphorismes), le Sthira Sukham Asanam est très explicite quant à la nécessité de ne pas forcer : Sukha signifie l'aisance, le confort, agréable, facile, Sthira la fermeté, la vigilance et Asanam c'est la posture.

Pour acompagner bénéfiquement la méditation, une posture stable et confortable, quelle qu'elle soit, est préférable.

La méditation c'est le contrôle du mental

Faux. La méditation n'est pas l'ennemie de la pensée, et ne cherche pas le contrôle. Dans une de ses phases, c'est même un mode de penser, mais non-verbal.

Le Rishi Vyasa a écrit : "Lorsque la mémoire est purifiée des souvenirs qui proviennent de l'usage conventionnel des mots, lorsque la connaissance intérieure, inhérente à la concentration (samadhiprajna) est affranchie de toute relation (vikalpa) avec les idées d'inférence ou de tradition orale, l'objet pris pour cible demeure tel qu'il est en soi et tel qu'il est sans plus; il est alors spécifiquement caractérisé comme ayant sa forme propre et rien d'autre que cette forme."

Un des effets de la méditation c'est la disparition de l'influence des mouvements spontanés de la pensée (cittavrittis), et donc l'indépendance par rapport aux flux karmiques que la pensée tend à manifester (prarabdhakarma).

La pensée non verbale (qui ne menace pas le penseur...) est la porte d'entrée de la méditation.

 

La méditation est une fuite

Faux. Dans la mesure où la méditation nécessite de l'attention, et donc de la présence, il ne peut pas y avoir de fuite. Il y a au contraire une intégration des faits actuels, qu'ils soient extérieurs ou intérieurs, en mode d'observation, puis d'assimilation dans une perception qui transcende les contradictions rhétoriques.

Il faut méditer pendant des heures pour arriver à un résultat

Oui et non. Il ne peut pas y avoir de recherche de résultat dans la mesure où cela relèverait d'un projet mental. Mais le fait de pratiquer - comme le ferait un sportif - permet d'intégrer le processus avec une aisance croissante. L'entrainement n'est en aucun cas la cause de l'état de méditation, mais un élément favorable.

La méditation est incompatible avec la vie moderne

Faux. Méditer n'éloigne pas du monde, au contraire. Etre pleinement dans une action avec une conscience discriminante juste, c'est une forme de méditation. Le folklore n'est pas nécessaire. D'autre part ça ne doit pas être un refuge avec des objets totémiques qui rassurent, un rituel à heure fixe qui viendrait à manquer en cas d'empêchement, mais plutôt un mode d'être spontané qui libère des héritages karmiques individuels et qui révèle une autre vie, moins dépendante, moins névrosée, plus joyeuse.

La méditation hindoue et la méditation bouddhiste sont très différentes

Faux. Seules les dénominations changent; samatha bhavana serait à rapprocher de dharana et dhyana, et vipassana bhavana de samadhi.

Lire (entre autres) Yoga Sutras de Patanjali , "La méditation selon le yoga-vedanta" de Swami Siddheshwarananda (hindouisme), Satipatthana Sutta du Bouddha par Nyanaponika Thera ( Bouddhisme)